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65°) Rapport du Député Bernard Carayon
au Premier Ministre.

Le Député Bernard Carayon a remis son rapport « à armes égales », au Premier ministre jeudi 14 septembre 2006.

Ce rapport touche aux "moyens de renforcer la compétitivité de la France dans le monde, de lui donner de vrais moyens d'anticipation, de lui permettre de se placer à armes égales avec ses partenaires et compétiteurs."

Le Premier ministre a souligné la « grande qualité de ce travail », et "a demandé au ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie de l'étudier attentivement afin de pouvoir l'utiliser au mieux."

En revenant sur des idées reçues et en mettant à jour des éléments ignorés jusqu'à présent, ce rapport donne, sans tabou, de nouvelles perspectives sur des thèmes qui trouvent une forte résonance dans l'actualité sur lesquels notre pays aura à trancher dans les prochains mois :

- la place de la France
- économie occidentale la plus ouverte
- dans  un monde en transformation dont la seule loi ne peut être celle du marché ;
- la question fondamentale des « normes », dont se désintéressent les entreprises françaises, au bénéfice de toutes les autres ;
- le financement des PME-PMI, pour lesquelles il faut trouver de nouveaux moyens, originaux et populaires ;
- les technologies de l'information, domaine dans lequel la France et l'Europe doivent retrouver leur souveraineté perdue ;
- la nécessaire politique d'influence et de conquête à l'international ; politique qui fait défaut aujourd'hui.

Le rapport est disponible sur le site de la Documentation française : Rapport cliquez ici.

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Espionnage économique.

Une entreprise française sur quatre est ou a été victime d'actes d'espionnage par des concurrents sans scrupule. Hubert Losco, directeur de la division analyse et recherche aux Renseignements généraux, révèle qu'une société sur quatre toutes catégories confondues est touchée par l'espionnage industriel. Sur les neuf premiers mois de 2006, les PME ont été les victimes des trois quarts des attaques, le plus souvent il faut aussi préciser qu'elles peuvent venir des grands groupes français eux-mêmes contre les PME PMI, et pas seulement des entreprises étrangères, et ça, on oublie trop souvent de le dire.

Alain Juillet, ex-officier de la DGSE et ancien cadre dirigeant de Pernod-Ricard, Suchard et Marks & Spencer déclarait :
« A quoi bon prendre des risques ? Une incroyable quantité d'informations précieuses est publiée ou en libre accès lors de salons professionnels ou de colloques, et, bien entendu, sur Internet. Le tout est de savoir les trouver, les recouper et les analyser. L'intelligence économique est bien plus efficace que les "barbouzeries" en tout genre ».
Aux Etats-Unis, le renseignement d'Etat et les entreprises privées collaborent sans complexes. Les patrons ont en tête leur intérêt financier, mais sont tous prêts à aider leur pays à en récolter les dividendes

Les secteurs les plus touchés sont celui de l'automobile avec 9,5 % des cas, et l'aéronautique avec 7 %. Cet espionnage coûte à la France au moins 6 milliards d'euros par an, rien que pour la contrefaçon. Sauf que 80 % des renseignements sur les entreprises sont obtenus en réalité à partir des sources ouvertes, sur Internet, dans les tribunaux de commerce, ou lors d'expositions. Je dirai que 10 autres % peuvent être obtenus par des moyens détournés, et les 10 qui restent en faisant le forcing avec des méthodes criminelles, vols d'ordinateurs ou de documents. Systématiquement on constate le plus souvent la présence de sous-traitants extérieurs lors de ces incidents, y compris de cabinets d'études, qui sont pour certains pas du tout fiables. Pour ces derniers, on ne peut jamais prouver leur responsabilté, à moins de disposer de la base de données de leur clients, et de la comparer à la liste des cambriolages des entreprises. Les tentatives légales de déstabilisation des entreprises, de prise de contrôle représentent quant à elles 30 % des attaques. Des logiciels sont en cours de développement pour automatiser l'indexation, des informations sensibles qui sont encore manuelles. On ferait bien d'y rajouter en même temps un inventaire des méthodes d'infiltration de certaines nations étrangères. Suite à une affaire d'écoutes pour rechercher une taupe, Patricia Dunn, la présidente du conseil d'administration de Hewlett-Packard, a été contrainte de démissionner il y a quelques mois, et cette affaire fait toujours l'objet d'enquêtes.

Il faut dire que cela ne date pas d'hier, déjà dans les années 90 les vols, piratages et écoutes téléphoniques étaient chose courante, et le fait même d'évoquer le sujet, vous faisait passer dans la catégorie des paranoïaques. Quant à la hiérarchie, c'est bien connu, cela n'arrive qu'aux autres. Un ancien patron des services de renseignement me déclarait en 2004 quant à lui désabusé, que "cette élite se sent au dessus de tout ça".

Pour faire de l'espionnage, il n'y a pas besoin de rentrer par effraction dans les entreprises, désormais il n'y a qu'à se baisser dans la rue, ou encore se promener avec son ordinateur portable équipé d'une interface Wi-Fi, Bluetooth, voire même d'un logiciel de décodage pour intercepter et espionner les communications GSM des entreprises.

L'Expansion du 25/10/2006 nous révèle :
" Explosif ! Imaginez une simple clef USB sur laquelle sont consignées les données relatives à un contrat de maintenance de trois frégates vendues par la Direction des constructions navales (DCN) à l'Arabie saoudite : calendriers d'exécution des travaux, tableaux de financement... Un dossier baptisé Chat noir fournit même un relevé très détaillé des défauts de fonctionnement des radars fabriqués par... Thales. Cette véritable bombe provient d'Armaris, une filiale commune de Thales et de la DCN. Deux acteurs majeurs de la défense nationale."

Et l'Expansion de nous révéler qu'ils ont trouvé cette clef USB, sur le trottoir, boulevard Suchet, dans le XVIe arrondissement de Paris. Comme quoi faire le trottoir, cela peut rapporter gros. Il n'y a qu'à se baisser pour ramasser le gros lot. On ne sait pas si depuis cet incident, les espions et espionnes arpentent les trottoirs du Boulevard Suchet en plus grand nombre dans l'espoir de trouver d'autres clefs. Un forum doit avoir lieu le 8 novembre 2006. On ignore quelles seront les réactions des divers responsables de la sécurité, DST, ou intelligence économique.

Déjà le préfet Rémy Pautrat, ancien patron de la DST, aujourd'hui président de l'Institut d'études et de recherche pour la sécurité des entreprises (Ierse), délégué général de France Intelligence Innovation (FI2), une société de conseil en intelligence économique mi-publique, mi-privée, déclarait :
"Dans ce pays, on se préoccupe de sécurité publique dans les banlieues ; mais pas de sécurité économique .../... C'est dramatique, hallucinant". Ce gag ne risque pas d'arranger les choses. L'ancien directeur de la surveillance du territoire (DST) et ex-secrétaire général adjoint de la défense nationale (SGDN) déclare, "C'est un encouragement au pillage.../... Il faut se méfier des prédateurs. Or, certains dossiers de labélisation se sont retrouvés sur Internet. Quand ils ne sont pas restés entassés dans les couloirs des ministères". Enfin bref, pour être clair, c'est le souc. Les sociétés françaises consacrent 10 fois moins de budget à l'IE que les sociétés japonaises et britanniques. Quant à Alain Juillet, haut responsable à l'intelligence économique auprès du Premier ministre, ils déplorent les failles de sécurité dans nos entreprises.

Bernard Carayon, député UMP du Tarn déclarait, "Jusqu'en 2003, date à laquelle j'ai rendu mon premier rapport, l'intelligence économique était perçue comme une pâle méthode de veille technologique ou de lobbying, ou, à l'inverse, comme un terrain de jeux pour les espions. Les consultants en profitaient pour vendre leur soupe, les profs de fac enseignaient un brouet indigeste."

Cette élite de hauts dipômés incompétente.
Daniel Darmon, conseiller auprès du délégué ministériel à l'aménagement et à la compétitivité du territoire (Diact), reconnaît  que, "La sécurité globale a été mal prise en compte, reconnaît-il. Mais pas la sécurité des dossiers. Les experts chargés de la sélection avaient signé des clauses de confidentialité." Mais ce qui se passe dans ce pays est tout a fait normal, puisque que ce soit à l'ENA, HEC, ESSEC, Polytechnique et autres grandes écoles, on n'enseigne pas à ces hauts diplômés ce qu'est l'intelligence économique, le renseignement ouvert ou fermé, l'espionnage, tout ce qui touche aux interceptions électroniques, et encore moins à écouter et consulter ceux qui connaissent ces problèmes, pour eux, c'est de la paranoïa, c'est bien connu. Par contre ils sont les champions pour faire de la sous-traitance, y compris à des grands cabinets d'études étrangers, sans même se préoccuper de savoir s'ils ont des liens avec des concurrents ou services secrets étrangers. Pour parler clairement, ces élites de carrière, ne pense qu'a assurer leurs arrières, ils s'assurent une couverture, pour pouvoir citer un responsable quand un projet tourne mal, je dirige, mais je ne suis pas responsable. Quand tout ce passe bien, c'est moi, mais quand tout va mal, ce sont les autres. Quand ces messieurs à leur sortie d'école sont parachutés à des postes clés dans les institutions, ils n'ont aucune formation sur ces problèmes, et comme on leur a bourré le mou en leur déclarant qu'ils sont les chefs, qu'ils savent tout, qu'ils n'ont rien à apprendre des autres, qu'ils ne doivent jamais reconnaître leurs erreurs, mais toujours louvoyer, on arrive en plus au résultat suivant, quand ces messieurs commettent des erreurs, on les mute le plus souvent avec de l'avancement pour s'en débarrasser sans bruit, ni trompette. Voilà la réalité. Même des services comme ceux de la DST déjà en 90 se plaignait de voir des groupes français sous-traiter des grands projets sensibles à des cabinets étrangers, et je ne parle pas des fusions aberrantes. Par exemple, en Angleterre, on peut aussi voir des étudiants en stage dans certains services liés au renseignement, ce que nous ne voyons pas en France.

Il faut rajouter à tout cela les étudiants étrangers qui viennent aussi France, et qui vont en stage dans les entreprsies françaises. Chacun se rappellera de cette affaire avec une étudiante chinoise en stage dans l'entreprise Valéo, qui avait défrayé la chronique, sans qu'on connaisse encore aujourd'hui le fin mot de l'histoire. Il faut aussi rajouter les hauts responsables français qui partent travailler pour les compagnies étrangères.

Yves Galland, Ancien ministre de la République (notamment du Commerce extérieur), dirige la filiale française du géant Boeing, concurrent d'Airbus.
Henri Martre, Ancien patron d'Aérospatiale, promoteur de l'intelligence économique, a aussi conseillé à une époque le fonds d'investissement américain Carlyle, proche de la Maison-Blanche et de la CIA.
Clara Gaymard, ancienne présidente de l'Agence française pour les investissements internationaux, est depuis quelques mois à la tête des activités françaises du groupe américain General Electric.
Quant à la mairie de Paris, elle avait pris comme cabinet conseil pour les Jeux Olympique, le cabinet Andersen qui a tant défrayé la chronique aux USA.
 



Comme ce visiteur indélicat aux semelles équipées d'autocollant double face afin de récupérer des copeaux d'un alliage ultraperformant. Ou ce commercial qui, lors d'une visite de laboratoire, profitait du moindre moment d'inattention de son hôte pour tremper sa cravate dans des bains chimiques innovants.

Parmi leurs initiatives les plus remarquables, citons la création d'un dispositif de veille et d'influence, l'Advocacy Center. « Lancé lors de la présidence Clinton et logé au département du Commerce, cet organisme fait de l'intelligence économique au bénéfice des entreprises américaines désireuses de conquérir des marchés sur le sol européen », raconte Eric Delbecque, secrétaire général de l'Ierse.

La méthode : des consulats américains envoient des émissaires, les american present posts (APP), visiter des sociétés innovantes qu'ils savent en mal de financement pour leur proposer un coup de pouce, voire une délocalisation sur le sol américain. Des offres alléchantes auraient été faites, par exemple, sur le pôle technologique de Rennes...

"Deux personnes appartenant au conseil de gouvernance d'un pôle se sont révélées avoir été condamnées à des peines de prison pour intelligence avec une puissance étrangère", affirme M. Pautrat. Un chercheur qui travaillait sur de nouvelles molécules se serait fait voler son ordinateur portable, dans un aéroport.

Lors d'une réunion tenue le 20 janvier au ministère de l'intérieur, sous la présidence de Claude Guéant, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, le patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, a confirmé qu'il détenait "un catalogue d'horreurs". L'alerte fut donc donnée. Dans une lettre à son homologue au ministère de l'économie en date du 1er février, M. Guéant annonce que des procédures de sécurité vont être testées dans des pôles.

Or ces différentes populations ont des habitudes et des besoins différents en matière de confidentialité. Les grandes entreprises connaissent les risques de l'espionnage économique et leurs équipes sont généralement formées pour y parer ; ce qui n'est guère le cas des petites et moyennes entreprises, qui, elles, craignent surtout de voir leur savoir-faire pillé par les grands groupes avec lesquels elles sont censées travailler. Quant aux chercheurs, baignant dans une culture scientifique internationale, ils ont au contraire intérêt à publier pour être reconnus et promus.

Un contrat de formation et de conseil a été confié à FI2, avec Un budget de 100 000 euros par pôle, financé à 80 % par l'Etat et 20 % par les pôles eux-mêmes. Onze d'entre eux ont été sélectionnés, parmi lesquels Atlantic Biothérapies (Pays de la Loire) ou Chimie-environnement (Rhône-Alpes).

Les équipes de FI2 leur apprennent à ouvrir l'oeil : telle délégation coréenne ou chinoise ne doit parcourir que des chemins balisés, aucun visiteur ne doit être admis sans montrer patte blanche (récemment, le représentant d'un fonds d'investissement américain fut repéré faisant discrètement son marché dans un pôle francilien).

Les informations doivent, par exemple, être étiquetées au fur et à mesure de leur élaboration, selon leur nature : "critiques", si elles ne doivent être partagées avec personne, "sensibles", quand elles peuvent être partagées sous condition, et "ouvertes", quand elles peuvent être diffusées sans contrainte.
Au pôle Atlantic Biothérapies de Nantes et Angers, Christophe Angot, nouvellement nommé "correspondant en sécurité économique", a commencé de prêcher la bonne parole : plus question de partir à l'étranger avec des dossiers contenant des informations critiques non cryptées. Interdit aussi de trop parler dans le TGV ou de laisser traîner des cahiers de laboratoire sur les paillasses.




 
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